Altiero Spinelli Commissario europeo 1970 – 1976

Bref article pour "Commission en Direct" sur la Conférence Spinelli 

di Paolo Ponzano

Sous le patronage du Vice-président Frattini, la Commission a organisé le 19 septembre dernier un Colloque destiné à commémorer la personnalité et l’action d’Altiero Spinelli en sa qualité de Commissaire européen dans les années 1970 – 1976 (à l’occasion du centenaire de sa naissance).
L’intention des organisateurs allait au-delà du simple rappel de l’action d’Altiero Spinelli en tant que père fondateur de l’Europe (à côté de Jean Monnet, Robert Schuman, Alcide de Gasperi, Konrad Adenauer et Paul-Henri Spaak) pour avoir écrit le Manifeste de Ventotene en 1941 et créé le Mouvement fédéraliste européen en 1943.  Il s’agissait plutôt de passer en revue l’action concrète d’A. Spinelli dans la période 1970 – 1976, lorsqu’il jugea plus utile de travailler à l’intérieur des Institutions communautaires, plutôt que de critiquer leurs insuffisances de l’extérieur.
Comme le Vice-président Frattini l’a rappelé, Altiero Spinelli a utilisé pleinement le droit d’initiative législative de la Commission pour proposer les premières mesures de nouvelles politiques communes, aussi bien dans le domaine de la recherche et de l’industrie (dont il avait la responsabilité directe au sein de la Commission), que  dans le domaine de l’environnement (en proposant déjà l’application du principe pollueur – payeur bien avant qu’il ne fût introduit dans la législation communautaire), de l’éducation et de la culture.
Ce rappel a permis à d’autres orateurs – notamment au Vicomte Etienne Davignon – de souligner le caractère indispensable du droit d’initiative de la Commission, seule Institution en mesure de prendre en considération les intérêts de tous les Etats membres, grands ou petits, et d’en dégager l’intérêt général européen.  Altiero Spinelli ne se limitât pas à exercer le droit d’initiative de la Commission, mais il contribua à l’action politique générale du Collège en présentant ses idées sur le renforcement des pouvoirs du Parlement européen (voir rapport Vedel), sur la réforme de la politique agricole commune et le lancement de l’Union économique et monétaire à travers des mémorandums envoyés aux autres membres de la Commission.   En un mot, Altiero Spinelli a joué à fond le caractère collégial de la Commission.
Certains participants au Colloque se sont demandés quelle aurait été l’attitude d’Altiero Spinelli à l’égard du nouveau Traité dans la mesure où Spinelli était à la fois intransigeant quant aux objectifs, mais prêt à utiliser tous les moyens utiles pour y parvenir.  Altiero Spinelli aurait probablement dit: “c’est un pas important en avant, mais ce n’est pas suffisant pour atteindre l’objectif”.  Donc, il faudra que le nouveau Parlement européen élu en 2009 (en tant que "Sage" devant réfléchir à l’avenir de l’Europe) présente un projet de révision des Traités permettant de reprendre le processus constitutionnel, afin que l’Europe puisse faire face aux nouveaux défis qui s’annoncent et répondre aux préoccupations de ses citoyens.  Il s’agit là d’un message toujours valable pour les partisans d’une Union européenne sans cesse plus étroite qui n’ont pas oublié la mémoire et l’héritage d’Altiero Spinelli.